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On notera,
avec intérêt, que la « Fantasie » aurait
dû s’appeler sonate – ce qu’elle est en
réalité ; mais Schumann la trouvait trop irrégulière
dans sa forme. Obsédé par les leçons de Beethoven,
il tentera toute sa vie de réinventer la forme sonate, soit
en variant
et en transformant une unique cellule thématique, comme par
exemple dans le « Carnaval » op. 9, soit en opérant
de véritables variations comme dans les « Symphonische
Studien » (Études symphoniques) op. 13, soit en refaçonnant
la structure de la sonate. D’où une recherche constante
de l’unité thématique au coeur d’un opéra,
même composée de brefs morceaux à la manière
des « Impromptus » de Schubert. On comprend mieux son
trouble et sa perplexité face au manque de scrupules dont
Chopin faisait preuve envers la sonate.
C’est de ce même Chopin dont Clara s’est inspirée
dans ses « Scherzi », même si là encore,
on sent pointer l’influence d’un Beethoven.
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La forme du scherzo remplace parfois dans les quatuors de Haydn
le menuet et prend la forme ABA que Beethoven transformera en ABA1B1A2,
c’est-à-dire avec un trio répété
(voir la Septième et Neuvième Symphonie). C’est
sur ce modèle que Chopin élabore un trio unique qu’il
détache du corps de la sonate ou du quatuor pour en faire
une pièce autonome. D’autre part, Chopin attribue au
trio le rôle joué, dans la forme sonate, par le développement
et la réexposition. Le premier de ses « Scherzi »
op. 20, en si mineur est composé en 1831 et publié
en 1835 à Paris ; le second, op. 31 en si bémol mineur
est composé en 1837 et publié également à
Paris l’année suivante ; le troisième, op. 39,
en do dièse mineur, composé et publié en 1839
et pour finir, le quatrième, en mi majeur, composé
en 1842 et publié en 1843.
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