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Par ailleurs,
est-il nécessaire de rappeler que la Roumanie est aussi la
patrie d’un Dinu Lipatti ? En se remémorant l’interprétation
tout en nuances de Lipatti, l’auditeur pourra apprécier
la qualité du toucher, la pureté et la maîtrise
du contrepoint, ainsi que l’élégance éloquente
du phrasé qui caractérisent le style de Mara Dobresco.
Plusieurs critiques notent un souci minutieux du détail (un
autre point commun avec la musique de Schumann). « Une maturité,
un équilibre, une exécution délicate et sensible,
une interprétation authentique et rigoureuse, une exaltation
toute romantique », écrira Anca Florea dans l’Actualitatea
muzical (Actualité musicale) de Bucarest. Dans la presse
allemande, on la compare à Clara Wieck : la boucle est presque
bouclée.
La
rencontre avec Martha Argerich aura été décisive.
Deux femmes animées par une même passion que l’esprit
cherche constamment à contrôler et à dominer
: la pianiste expérimentée ne peut que transmettre
à l’âme et aux mains de la plus jeune l’illumination
d’une interprétation qui sans jamais étouffer
l’émotion ne cesse d’analyser, de comprendre
et de déchiffrer avec intelligence et culture la partition.
Lire la musique avec le c¦ur et l’exécuter avec
l’esprit, pourrait-on dire. Ou peut-être le contraire
: la lire avec l’esprit et l’exécuter avec le
c¦ur. Les deux se complètent. |
| Nous
voilà revenus à Clara et Robert. Les deux partitions
schumanniennes, la « Fantasie » (Fantaisie) op. 17 et
les « Fantasiestücke » (Pièces de fantaisie)
op. 12 (le numéro d’opus correspondant à la
date de parution) sont composées, respectivement, en 1836
et en 1837. Ce sont des années difficiles pour les futurs
époux Schumann. Robert courtise de nombreuses femmes avant
que n’explose sa passion pour Clara. Cependant, le père
de Clara s’oppose à leur mariage et parvient à
séquestrer sa fille ; il l’emmène à Leipzig,
puis à Vienne. Il répand, sur Robert, des rumeurs
calomnieuses. Celui-ci l’attaque en justice et gagne le procès.
Les deux amoureux peuvent enfin se marier le 12 septembre 1840,
veille du vingtième anniversaire de Clara – Robert
est de neuf ans et trois mois son aîné.
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